Faits et chiffres des pharmacies suisses

Sur cette page
- Conseil, suivi, prise en charge et prévention
- Densité des pharmacies en Suisse
- Affiliation à l’association et coopérations
- Le potentiel des pharmacies
- Les disparités cantonales empêchent l’harmonisation de l’offre vaccinale en pharmacie
- Hautement qualifiés pour la santé
- Une forte représentation féminine dans les études et la profession
- Progression du taux de pénétration des génériques et biosimilaires
- Pharmacies: un acteur essentiel pour la santé, avec un coût maîtrisé
- Le tarif RBP, base de la rémunération des prestations officinales
- Leviers pour améliorer l’adhésion thérapeutique
- La délivrance des médicaments au cœur de l’activité des pharmacies
- La pénurie de médicaments est un problème récurrent
Conseil, suivi, prise en charge et prévention
Bien-être, santé, prévention, maladie: la pharmacie offre des conseils, un suivi et une prise en charge personnalisés. Et ne l’oublions pas: les pharmaciennes et les pharmaciens sont les spécialistes en matière de médicaments !
Qu’il s’agisse de santé, de maladie, de bien-être ou de médicaments, les équipes officinales apportent des conseils, un suivi et une prise en charge rapide et professionnelle à la population, et ce sans rendez-vous ni ordonnance. La pharmacie est une des premières références pour tout ce qui concerne la santé. De nombreux problèmes de santé courants peuvent être abordés et résolus simplement et directement à la pharmacie. En matière de prévention également, les pharmacies proposent de nombreuses prestations médicales, comme la vaccination. Les compétences des pharmaciens, en tant que spécialistes des médicaments, englobent plusieurs aspects essentiels: ils possèdent des connaissances approfondies en pharmacologie, chimie et sciences biomédicales, ce qui leur permet de maîtriser parfaitement les principes thérapeutiques des médicaments, d’en expliquer les effets et d’identifier les interactions potentielles. Les pharmaciens sont donc des acteurs essentiels du système de santé, qui mettent leurs compétences et connaissances au service de la sécurité des patients et de l’efficacité des traitements médicamenteux.
En Suisse, 1816 pharmacies constituent un premier point de contact fiable pour la population. Grâce à leur bonne répartition géographique et à leurs horaires d’ouverture conviviaux, les pharmacies sont des fournisseurs de soins médicaux de premier recours faciles d’accès et parfaitement intégrés dans le système de santé publique.
Prestations officinales les plus courantes – vue d’ensemble
Mesures de prévention et préservation de la santé
- Vaccinations et conseils en matière de vaccination
- Dépistage du cancer du côlon
- Dépistage des maladies cardiovasculaires
- Mesures de la tension artérielle, de la glycémie, du cholestérol
- Conseils pour le sevrage tabagique
- Tests VIH
- Conseils santé
- Conseils spécifiques sur la grossesse, l’allaitement et l’enfance
- Conseils aux diabétiques
- Conseils diététiques
- Conseils aux voyageurs
- Pharmacie de ménage
- Produits contre l’incontinence
Évaluation rapide de problèmes de santé
- Consultation en pharmacie
- Triage et orientation vers les spécialistes
- Prélèvements pharyngés
- Otoscopie
- Analyses d’urine
- Retrait de tiques
- Contrôle des poux
Prise en charge et soins
- Contraception d’urgence
- Soin des plaies
- Remise après documentation de certains médicaments soumis à ordonnance (liste B+ de la pharmacie)
- Remise de médicaments soumis à ordonnance sans prescription médicale dans des cas justifiés
- Fabrication de médicaments
- Médecine complémentaire/phytothérapie
- Bas de compression
- Traitements par antidote
Utilisation sûre et durable des médicaments
- Analyse de médication
- Contrôle des interactions
- Accompagnement pharmaceutique et promotion de l’observance thérapeutique (p. ex. myCare Start, conseil sur les antibiotiques)
- Substitution générique
- Explications sur les effets et les effets indésirables
- Explications sur l’emploi
- Élimination des médicaments
Accompagnement au quotidien
- Service de garde
- E-Ordonnance
- Dossier électronique du patient
- Assistance pharmaceutique en EMS
- Mise sous blister et semainiers
- Traitement des addictions
- Comprimés d’iodure de potassium (traitement d’urgence)
Source: pharmaSuisse
Densité des pharmacies en Suisse
La population suisse dispose de 1816 pharmacies, qui constituent une référence facilement accessible pour de nombreuses questions de santé. Grâce à leurs horaires d’ouverture conviviaux (même le week-end), les équipes officinales permettent d’assurer la sécurité de l’approvisionnement aussi bien en médicaments qu’en articles de la liste des moyens et appareils, et déchargent non seulement les médecins de famille mais également les services d’urgence et les hôpitaux, en particulier lorsqu’il s’agit de cas simples. La répartition géographique des pharmacies sur l’ensemble du territoire est très variable et résulte de différents facteurs tels que le nombre d’habitants et la superficie. On observe une différence de densité entre les agglomérations urbaines et les zones rurales, cependant, le facteur le plus important reste le régime de dispensation médicale (DM).
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pharmacies
offrent à la population suisse un point de contact de proximité pour toute question de santé.
L’an dernier, la Suisse comptait près de 20 pharmacies pour 100 000 habitants, ce qui correspond à 5024 habitants par pharmacie. C’est un chiffre bien modeste en comparaison internationale: la moyenne européenne se situe en effet autour de 31 pharmacies pour 100 000 habitants.
Affiliées à pharmaSuisse
Non affiliées à pharmaSuisse
Nombre d’habitants par pharmacie
Nombre de pharmacies pour 100 000 habitant·e·s
Dans les cantons où la remise directe de médicaments par les médecins (zone DM) est totalement ou partiellement (FM) autorisée, le réseau de pharmacies est deux fois moins dense que dans les cantons où la remise se fait exclusivement en pharmacie. Cela complique l’accès au système de santé dans les cas simples, à l’automédication et à de nombreuses prestations de prévention, en particulier dans les zones rurales, en dehors des heures de bureau et le week-end. Par ailleurs: le modèle suisse de dispensation médicale est unique en son genre en Europe. La raison clé pour laquelle cette pratique n’est pas adoptée dans les autres pays est le principe selon lequel « celui qui prescrit ne dispense pas ».
- Rx: « soumis à ordonnance », les médecins prescrivent les médicaments, les patient·e·s vont les chercher à la pharmacie: 3327 habitant·e·s par pharmacie
- DM: dispensation médicale, les médecins remettent directement les médicaments dans leur cabinet: 8559 habitant·e·s par pharmacie
- FM: forme mixte des deux régimes de remise précédents : 5754 habitant·e·s par pharmacie
Affiliation à l’association et coopérations
Fin 2025, 1552 des 1816 pharmacies suisses (soit 85 %) étaient affiliées à la Société Suisse des Pharmaciens pharmaSuisse. Cette large base de pharmacies affiliées illustre clairement l’importance que revêt notre société faîtière pour la représentation des intérêts professionnels, scientifiques et politiques des pharmaciennes et des pharmaciens.
La tendance aux collaborations et aux regroupements se poursuit. Cela permet aux pharmacies de créer des synergies et de réduire leurs coûts. La plupart des pharmacies tenues par leur propriétaire sont désormais organisées en groupements ou en communautés d’achat. Ces configurations permettent aux pharmaciennes et pharmaciens de conserver leur indépendance tout en collaborant. Un peu plus d’un tiers (38 %) des pharmacies affiliées appartient à des chaînes.
Le potentiel des pharmacies
Environ un tiers des personnes interrogées a pu éviter au moins une visite chez le médecin grâce à un conseil en pharmacie au cours de l’année d'avant-hier. Cela a été particulièrement fréquent chez les moins de 36 ans: près de la moitié (46 %) en a bénéficié au moins une fois, 16 % même plusieurs fois en un an.
18 - 35
36 - 65
> 65
- Oui, plusieurs fois
- Oui, une fois
- Ne sait pas
- Non
Les pharmacies apportent globalement un meilleur soutien en cas de pénuries de médicaments:
Dans la plupart des cas (68 %), les personnes concernées ont bénéficié de la prise en charge par leur pharmacie pour faire face à cette situation. En termes de satisfaction, les pharmacies sont à peu près au même niveau que les médecins spécialistes et les médecins généralistes. Indépendamment du point de contact choisi, la grande majorité des personnes concernées se sont déclarées bien soutenues – neuf sur dix jugent la qualité des conseils reçus bonne à très bonne. Cela montre encore une fois que les pharmaciens sont les spécialistes des médicaments.
Les prestations officinales: un atout majeur !
Aujourd’hui, les pharmacies assument bien plus de missions que la simple distribution de médicaments: elles font partie intégrante des soins de premier recours et peuvent, grâce à leur vaste gamme de prestations, apporter une contribution importante au système de santé. Cette offre est majoritairement perçue de manière positive par la population – 83 % la jugent adéquate.
Accès direct aux médicaments et vaccins:
Depuis 2019, les pharmaciens sont autorisés, sous certaines conditions, à délivrer directement des médicaments soumis à ordonnance – une offre qui n’a été utilisée jusqu’à présent que par 13 % de la population. Par le biais de la campagne nationale « Feu vert pour la consultation en pharmacie » nous entendons mieux informer la population sur cette offre. Toutefois, plus de la moitié des personnes interrogées (52 %) envisagent d’ores et déjà de recourir à cette possibilité à l’avenir.
2022
2025
- Oui, j’ai déjà utilisé cette offre
- Oui, j’en ai entendu parler, mais je n’ai pas encore utilisé l’offre moi-même
- Non, je ne savais pas, mais je l’utiliserai à l’avenir si nécessaire
- Non, je l’ignorais, mais je ne suis pas intéressé·e par cette offre
La numérisation passe par la confiance
L’avenir du retrait des médicaments est numérique - le contact avec l’équipe officinale reste toutefois important. Les trois quarts de la population font confiance à l’E-Ordonnance aujourd’hui, bien que jusqu’à présent, seule une personne sur dix l’a déjà utilisée. En parallèle, plus de la moitié des personnes interrogées souhaitent aussi que l’achat en ligne de médicaments soumis à ordonnance soit accompagné d’un conseil pharmaceutique. Ces résultats le montrent clairement: les offres numériques sont appréciées mais le conseil personnalisé reste un élément central d’un approvisionnement en médicaments sûr.
Les disparités cantonales empêchent l’harmonisation de l’offre vaccinale en pharmacie
La vaccination en pharmacie rencontre un grand succès auprès de la population suisse. La patientèle apprécie le gain de temps généré par ce service pratique. À présent, la possibilité de se faire vacciner en pharmacie, sans rendez-vous et sans ordonnance médicale, existe dans tous les cantons. La liste des pharmacies qui proposent la vaccination est disponible sur www.votre-pharmacie.ch/vaccinations.
En facilitant l’accès à la vaccination, les pharmacies contribuent à décharger les cabinets médicaux, à accroître la couverture vaccinale et à renforcer un pilier essentiel du système de santé suisse. Une harmonisation à l’échelon cantonal fondée sur les recommandations de la Commission fédérale pour les vaccinations (CFV) serait dès lors souhaitable. Les pharmacies pourraient ainsi proposer des vaccinations de routine pour les jeunes dès 16 ans et aux adultes dans tous les cantons.
Cela permettrait à environ 7 millions de personnes en Suisse d’avoir un accès facilité aux vaccinations contre la grippe, l’encéphalite à tiques (FSME) ainsi que les hépatites A et B – des prestations qui relèvent des soins médicaux de premier recours. L’assurance de base pourrait enfin bientôt prendre en charge les coûts de cette prestation fournie par les pharmacies. La loi entrera en vigueur le 1er janvier 2027. La révision comprend notamment une modification de l’article 26 LAMal, qui permettra à l’avenir aux pharmacies de facturer des mesures réalisées dans le cadre de programmes de prévention nationaux ou cantonaux. Cette révision permettra donc, par exemple, de facturer directement et hors franchise la prestation de vaccination à charge de l’assurance de base. Toutefois, pour que les prestations puissent être prises en charge par l’assurance de base, leurs tarifs doivent être négociés avec les assureurs-maladie.
Le tableau est une représentation synthétique. Les cantons peuvent modifier en tout temps les directives relatives à la vaccination en pharmacie. Il convient de se référer aux ordonnances et conditions-cadres cantonales.
Hautement qualifiés pour la santé
Les pharmaciennes et les pharmaciens appartiennent à une profession médicale reconnue et sont des spécialistes du médicament. Ils suivent un cursus universitaire de cinq ans (master en pharmacie), suivi d’un diplôme fédéral. Pour obtenir l’autorisation d’exercer la profession à titre d’activité économique privée sous leur propre responsabilité professionnelle et de facturer à la charge de l’assurance obligatoire des soins (AOS), ils doivent suivre une formation postgrade de deux ans en pharmacie d’officine ou de trois ans en pharmacie hospitalière. Ils sont ainsi parfaitement qualifiés pour diriger des pharmacies en tant que véritables « centres de santé ».
Afin de mieux exploiter leurs connaissances spécialisées, la loi sur les produits thérapeutiques (LPTh) a été révisée. Depuis 2019, les pharmaciens peuvent délivrer, dans certains cas et après avoir mené un entretien d’anamnèse et de triage, certains médicaments soumis à ordonnance. La liste des indications et des médicaments autorisés pour cela est couramment appelée «Liste B+». Par ailleurs, les pharmaciens peuvent aussi délivrer des médicaments soumis à ordonnance sans prescription médicale dans des cas exceptionnels justifiés. Dans tous les cas cités précédemment, les médicaments doivent être remis en personne par la pharmacienne ou le pharmacien et la remise doit être documentée.
Désormais, les pharmaciens acquièrent des compétences en matière de vaccination, ainsi que de diagnostic et de traitement des problèmes et maladies de santé les plus courants dès leurs études. Ils recourent également activement aux offres de formation complémentaire. Entre 2022 et 2025, les certificats de formation complémentaire FPH Vaccination et prélèvements sanguins et Anamnèse en soins primaires ont figuré parmi les formations les plus demandées.
2022
2023
2024
2025
- Formation postgrade Pharmacien·ne spécialiste en pharmacie hospitalière
- Formation postgrade Pharmacien·ne spécialiste en pharmacie d’officine
- Certificat FPH Anamnèse en soins primaires
- Certificat FPH Vaccination et prélèvements sanguins
- Autres
Une forte représentation féminine dans les études et la profession
Les études de pharmacie, tout comme l’exercice de la profession dans une pharmacie d’officine, sont particulièrement prisés par les femmes. En 2025, les femmes représentaient 78 % des personnes ayant obtenu un titre fédéral – soit 159 diplômées contre 44 diplômés. Tous sexes confondus, l’âge moyen à l’obtention du diplôme est d’environ à 26 ans. Au 31 décembre 2025, 7561 pharmaciennes et pharmaciens titulaires d’une autorisation de pratiquer sous leur propre responsabilité professionnelle étaient enregistrés dans le registre des professions médicales (MedReg). Parmi eux, 2319 étaient autorisés à exercer dans plus d’un canton. Près de 75 % des pharmaciens disposant d’une autorisation d’exercer étaient titulaires d’un diplôme fédéral et plus de 25 % d’un diplôme étranger reconnu. Parmi toutes les personnes disposant d’une autorisation, 75 % sont des femmes.
L’âge moyen des pharmaciennes et pharmaciens au bénéfice d’une autorisation de pratiquer est d’environ 46 ans, les pharmaciennes étant en moyenne 2 ans et demi plus jeunes (45,8 ans) que les pharmaciens (48,3 ans). Parmi les pharmaciens en activité, les tranches d’âge les plus représentées sont celles des 31‑40 ans et des 56‑60 ans.
Pour pallier la pénurie de main d’œuvre qualifiée due aux prochains départs à la retraite et à la progression du travail à temps partiel, il est particulièrement important de garantir les places de formation en Suisse. En 2025, 327 diplômes étrangers en pharmacie ont été reconnus, la majorité provenant de France (93), d’Allemagne (60) et d’Italie (56), avec une proportion de femmes de 70 %. Durant cette même période, 203 diplômes fédéraux ont été délivrés au terme d’études de pharmacie réussies.
Les pharmaciennes et pharmaciens formés à l’étranger sont désormais indispensables au fonctionnement des pharmacies suisses. Il est absolument crucial d’augmenter le nombre de places de formation initiale et postgrade, et d’obtenir le soutien financier de l’État.
Progression du taux de pénétration des génériques et biosimilaires
Au cours de ces dernières années, la part des médicaments génériques et des biosimilaires a connu une croissance continue. Cette tendance s’est renforcée en 2024, grâce aux mesures adoptées par le Conseil fédéral pour favoriser la substitution des médicaments originaux par des alternatives moins coûteuses. Les pharmacies contribuent activement à cette dynamique en privilégiant, lorsque cela est possible, des génériques ou biosimilaires meilleur marché à la place des produits de référence plus coûteux.
La Suisse est souvent critiquée pour sa faible pénétration des produits génériques et biosimilaires, mais ceci est explicable par le fait qu’un médicament LS sur deux délivré en 2025 (sur 144 millions d’emballages) dans les pharmacies, hôpitaux et cabinets médicaux suisses n’a pas encore de générique ou biosimilaire disponible sur le marché suisse, principalement en raison de la protection par brevet ou de l’absence d’alternatives sur le marché.
Sur le marché des médicaments pour lesquels il existe en Suisse des alternatives, près de 73% des emballages remis sont des génériques, ce qui témoigne d’un recours important aux alternatives disponibles. Le potentiel reste toutefois important pour les biosimilaires, dont la substitution par les pharmaciens n’est possible que depuis 2024 et demeure limitée par l’offre du marché.
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Le total n’atteint pas exactement 100 % en raison des arrondis.
La répartition des groupes de produits a été déterminée à partir du nombre d’emballages de médicaments délivrés. La part de génériques correspond à la proportion de génériques sur le marché des médicaments susceptibles d’être imités. Il en va de même pour la part de biosimilaires.
Pharmacies: un acteur essentiel pour la santé, avec un coût maîtrisé
En 2024, les coûts de la santé en Suisse ont augmenté de 2,4 % pour atteindre 97 milliards de francs, ce qui correspond à environ 924 francs par mois et par personne. Près de la moitié des dépenses santé concernent les hôpitaux ainsi que les établissements médico-sociaux, tandis qu’un quart est attribuable aux cabinets médicaux, dentaires et autres structures ambulatoires.
La part des coûts imputable aux pharmacies est restée stable à 7 % en 2024. Toutefois, ce chiffre inclut également la part des dépenses directement reversée aux fabricants pour les médicaments et dispositifs médicaux. Après déduction de ces montants, seuls 2,16 % des coûts totaux de la santé sont directement liés au canal officinal, couvrant ainsi la délivrance de médicaments, les conseils et autres services pharmaceutiques. Ce faible pourcentage témoigne de l’engagement des pharmacies à contribuer à la maîtrise des dépenses de santé tout en assurant un accompagnement de qualité à la population.
Le tarif RBP, base de la rémunération des prestations officinales
Introduite en 2001, la convention tarifaire RBP (rémunération basée sur les prestations) détermine la rémunération des prestations des pharmaciens lors de la remise de médicaments prescrits par le médecin et remboursés par l’assurance obligatoire des soins.
En 2025, les pharmacies suisses ont fourni 89 millions de prestations RBP, soit une augmentation de 3,5% par rapport à 2024. Près de 97 % de ces prestations concernaient les positions tarifaires « Validation médicaments » et « Validation traitement », générant ainsi un chiffre d'affaires de 383 millions de francs. Conformément au contrat RBP IV, les pharmacies ont accordé aux assureurs une ristourne d‘environ 50 millions de francs en 2025. Depuis plus de vingt ans, elles reversent ainsi aux assureurs-maladie une partie de leur rémunération liée à la remise des médicaments sur ordonnance. Cette contribution représente un montant cumulé de l’ordre d’un milliard de francs.
Entrée en vigueur le 1er janvier 2026, la RBP V apporte plusieurs améliorations au bénéfice des patients, des résidents d’EMS en particulier, et favorise la remise de médicaments biosimilaires. Malgré l’introduction de nouvelles prestations, la RBP V respecte le principe de neutralité des coûts et n’alourdit pas la charge des payeurs de primes.
- Validation médicament: CHF 4.30 par médicament prescrit
- Validation traitement: CHF 3.25 par médecin et par jour, indépendamment du nombre d’emballages
- Autres prestations RBP: semainier, forfaits de substitution, remise fractionnée, prise sous surveillance, service de garde, remise de méthadone
Leviers pour améliorer l’adhésion thérapeutique
Les prestations des pharmacies peuvent contribuer à économiser des coûts tout en garantissant la sécurité des patients et la qualité des soins.
Chez les patients atteints de maladies chroniques, une mauvaise adhésion au traitement médicamenteux est fréquente. En Suisse, seulement 40 % des patients diabétiques prennent correctement leur traitement médicamenteux. Seule la moitié des patients ayant eu un infarctus prendraient correctement leurs médicaments antiplaquettaires et antihypertenseurs, bien qu’une bonne adhésion thérapeutique diminue le risque de mortalité et d’événement cardio-vasculaires majeurs.
Le rôle des pharmaciennes et des pharmaciens dans l’optimisation de l’adhésion thérapeutique est essentiel.
La Société Suisse des Pharmaciens développe de nouvelles prestations, qui visent à renforcer l’adhésion des patients qui prennent un nouveau médicament pour soigner une maladie chronique, ainsi qu’à soutenir les patients souffrant d’hypertension artérielle.
La délivrance des médicaments au cœur de l’activité des pharmacies
En 2025, les pharmacies publiques et par correspondance ont délivré près de 134 millions d’emballages de médicaments, un volume globalement stable (+0,8 % par rapport à 2024). Plus de la moitié (54 %) relevaient d’une prescription médicale (Rx). Presque tous ces médicaments sont remboursés par les caisses-maladie, à l’exception de 3 % qui ne figurent pas sur la liste des spécialités (LS) ; ceux-ci peuvent être pris en charge par les assurances complémentaires ou, dans certains cas, par l’assurance obligatoire des soins (AOS) conformément à l’article 71 de la LAMal.
Au-delà du remboursement, la délivrance des médicaments (avec ou sans ordonnance) met en évidence l’importance du conseil en pharmacie. Grâce au contrôle des ordonnances et à l’accompagnement des patients, les équipes officinales contribuent à une utilisation sûre et appropriée des médicaments. Le développement constant des prestations pharmaceutiques renforce également le rôle des pharmacies comme premier professionnel de santé de proximité.
Les médicaments inscrits dans la liste des spécialités (LS) sont pris en charge par l'assurance obligatoire des soins (AOS) s'ils ont été prescrits par un médecin.
La pénurie de médicaments est un problème récurrent
La Société Suisse des Pharmaciens pharmaSuisse est préoccupée par la persistance des pénuries et des difficultés d’approvisionnement en médicaments qui demeurent à un niveau inquiétant. Bien que certaines mesures aient été prises par les autorités, elles restent insuffisantes face à l’ampleur du problème. Dans ce contexte, les pharmaciens continuent d’être en première ligne pour trouver des alternatives thérapeutiques, garantir la continuité des traitements et rassurer les patients. Ce travail, qui représente environ 12 heures par semaine, est effectué par les équipes des pharmacies sans qu'elles ne reçoivent de compensation financière.
Le contre-projet direct du Conseil fédéral à l’initiative populaire « Oui à un approvisionnement médical sûr » constitue un pas dans la bonne direction, mais demeure insuffisant. Il ne prévoit notamment aucune mesure concrète pour renforcer les capacités de substitution. La révision de la Liste des médicaments avec tarifs (LMT) constitue pourtant un levier important pour permettre aux pharmacies de fabriquer rapidement des alternatives lorsqu’un médicament n’est plus disponible. Les débats parlementaires sont suivis avec attention.
- Nombre de médicaments non livrables
Les ruptures d’approvisionnement n’ont cessé d’augmenter ces dernières années et stagnent aujourd’hui à un niveau élevé. On suppose que la détente temporaire observée pendant la pandémie de COVID-19 est liée au respect des mesures d’hygiène en vigueur et à l’obligation du port masque, ce qui a conduit à une réduction des maladies. L’accès aux cabinets médicaux a également été limité et les interventions chirurgicales qui n’étaient pas nécessaires ont été reportées. En outre, de nombreuses personnes ont constitué des réserves de médicaments au début de la pandémie.
0 – 5
5 – 10
10 – 15
15 – 20
20 – 30
30 – 50
50 – 100
100 – 300
300 – 1000
1000 – ∞
La pénurie touche toutes les catégories de médicaments, mais elle est particulièrement aiguë pour les médicaments bon marché principalement utilisés dans les soins ambulatoires par les médecins et les pharmaciens.

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Médecin spécialiste
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